2. Le risque majeur : le mitage industriel

La notion de paysage n'est pas à strictement parler "subjective", du moins le principe de conservation du paysage a été défini dans plusieurs textes et plusieurs services y travaillent en France.

La protection du paysage en France : quelques jalons

 

Un cadre législatif important

  •  loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites.

 = volonté de l’Etat d’assurer l’inventaire et la protection des richesses esthétiques du pays.

 

  • Convention européenne du paysage, ratifiée par la loi 2005-1272 du 13 octobre 2005

 - Le paysage : « partie du territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. »

 - La protection du paysage : « les actions de conservation et de maintien des aspects significatifs ou caractéristiques d’un paysage, justifiées par sa valeur patrimoniale émanant de sa configuration naturelle et/ou de l’intervention de l’homme ».

 

  • Code du patrimoine, Livre VI : monuments historiques, sites et espaces protégés et qui renvoie également au Code de l’environnement (voir notamment l’art. R350-1 sur la directive de protection et de mise en valeur du paysage) ; Code de l’urbanisme

 

Les services compétents et les mesures de protection

  • DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement

Chargée de mettre en œuvre localement la politique des sites et des paysages qui constituent une richesse patrimoniale mais aussi un enjeu économique participant pour une large part au dynamisme de l’activité touristique.

 

  • CDNPS : Commission départementale de la nature, des paysages et des sites.

 

  • SDAP : service territoriaux de l’Architecture et du patrimoine

 

  • DRAC : pôle architecture et espaces protégés

 

  • ...

 

A savoir également

A l’initiative de la commune, un site peut être classé ;

- ZPPAUP : zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager

ou

- AVAP : Aires de mises en valeur de l’architecture et du patrimoine (loi du 12 juillet 2010, dite Grenelles II).

 

L’objectif du Grenelle de l’Environnement

1) porter à au moins 23% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie à l’horizon 2020.  

Aujourd'hui (chiffres RTE 2010), cette part est de 14,5%. Elle comprend l'énergie hydraulique (12%), la biomasse (0,8%), l'éolien (1,7%) et le photovoltaïque.

L'éolien produit aujourd'hui 9 600 000 MW/an.

2) réduire les émissions françaises de gaz à effet de serre…

 

« …il s’agit de passer à environ 20 000 MW à l’horizon 2020, soit une multiplication par 10 du parc en termes de puissance... Pour autant, le développement des éoliennes doit être réalisé de manière ordonnée, en évitant le mitage du territoire, de sorte à prévenir les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains. »

 

(Note du ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’Aménagement du territoire aux Préfets de régions et de départements sur la planification du développement de l’énergie éolienne terrestre du 26 février 2009)

NB : passer à un parc d'environ 20 000MW revient à produire 40 000 000  MW/an. En ne comptant pas d'augmentation de la consommation et en multipliant le parc éolien par 10 en terme de puissance (ou environ par 3 en terme de nombre de machines), l'énergie éolienne ne représenterait toujours que 5,5% de l'énergie renouvelable produite en 2020, et tout ça en ayant massacré le paysage.

Le jeu en vaut-il réellement la chandelle?

 

L’impact des éoliennes sur le paysage

Mitage : n. m. – 1977 ; de miter. Eparpillement anarchique des constructions.

(Le Petit Robert)

 

On entend par mitage industriel, le grignotage de l'industrie sur le milieu rural. Il faut y associer le caractère insidieux du développement des parcs éoliens industriels : un matin, on se rend compte qu'on est décidément entouré d'éoliennes et que quelque soit la direction dans laquelle on regarde, on observe le même type de "non-paysage".

Le mitage industriel par les parcs éoliens est d'autant plus important que la technologie avance : au début des années 2000, on était sur des éoliennes de 80m de haut ; des éoliennes de 180, 200m de haut existent aujourd'hui sans que les mesures d'accompagnement ne suivent forcément. La comparaison traditionnelle avec les moulins à vent en pierre ne tient plus... On peut parler d'invasion industrielle sans précédent du milieu rural et de l'espace en général.

NB : La Tour de Bretagne à Nantes mesure ... 120 m de haut.


Extraits des Recommandations paysagères du pôle de compétence éolien de Loire Atlantique (DREAL, DDTM, DDASS…), décembre 2004, mise à jour octobre 2007

« Les projets d’implantation éoliennes posent, en matière de paysage, une problématique très particulière. L’intégration de machines présentant des hauteurs pouvant atteindre 120 à 140 m de haut est impossible. Les dimensions verticales en cause sont sans commune mesure avec celles des repères traditionnels qui ponctuent ou structurent notre paysage. »

« De par leurs caractéristiques : mât de 80 à 100 m de hauteur, diamètre de rotor de 80 à 90 m, leur couleur claire, leur mouvement de rotation et leur éclairage nocturne, les éoliennes ne peuvent pas se fondre dans le paysage. »

« … il faut éviter l’éparpillement, le mitage éolien et prévoir l’aménagement de pauses, de respirations, dans les territoires où l’éolienne est totalement absente. »

... et accepter le principe de modification du paysage.


 

Le mitage industriel en œuvre

 

 

Vue depuis la Lirais.

 

 

co-visibilité des parcs de Pannecé-Riaillé-Bonnoeuvre et de Pannecé-Mésanger
Vue depuis la Lirais.

 

 

mât de mesure des vents pour le parc des TouchesVue depuis la Lirais.

 

Co-visibilité. En bleu, impact du projet de ZDE Notre Dame des Langueurs Nord.

 

 

Idem. Avec en plus, le projet de la commune des Touches et en bleu turquoise le projet de ZDE Joué sur Erdre Sud.

 

 

Vue depuis la Lirais. En rouge, des frênes d'environ 40 m de haut. En bleu, l'impact de la ZDE.

 

 

 

Vue depuis la Lirais vers ND des Langueurs. En rouge, des pins adultes (env. 40 m). En bleu, impact de la ZDE.

 

 

 

Vue sur la Lirais depuis les Moulins de Bellevue. En bleu, impact de la ZDE.

 

 

 

Vue sur la Lirais depuis les Moulins de Bellevue.

En rouge, un chêne (20m) sur le tracé des implantations. En bleu, l'impact de la ZDE.

 

 

 

En bleu, impact de la ZDE.

 

En bleu, impact de la ZDE.

 

3.L'impact sur notre patrimoine personnel : la dévaluation immobilière

 


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